Espace vacant, suite
Vertige. Je manque cruellement d’air. Ton ventre vient couvrir le mien. Le désir me tue lentement. Ton index vient effleurer chacune de mes lèvres. Je gémis avec désespoir cette fois. Ma bouche s’entrouvre un peu plus. Tu appliques tes lèvres généreuses et douces sur les miennes. Une fraction de seconde, puis tu relèves un peu la tête. Je sais que tu scrutes mon visage. J’essaie de prendre une bouffée d’air. Elle reste coincée. Tu t’avances, ton souffle s’approche encore plus. Tu prends toute ma lèvre inférieure dans ta bouche. Dans un élan, ta langue glisse dans ma bouche, pénètre mon corps. Je reste là frissonnante. J’attends. Je ne veux rien bousculer. J’en veux plus.
Tu effleures mon sein droit du bout de tes doigts. Je mords ma lèvre inférieure pour ne pas crier. Tu y retournes. Tu t’y attardes avec ton pouce. Tu descends ton visage. Ta langue en caresse le bout. Doucement. Avec toute l’attention du monde. Tu soignes mon corps. Puis tes doigts viennent agacer l’autre. Ils glissent le long de mon ventre. Descendent jusqu’à l’intérieur de ma cuisse. Mon corps se tend sous le désir. Mon Ton sexe fait maintenant face au mien. Et très, très lentement, tu entres en moi. D’un mouvement rapide tu viens étouffer d’un baiser le cri qui s’échappe de ma bouche. Puis tu saisis mes hanches et débute un mouvement de vas et viens modéré. J’agrippe ton visage et enfonce ma langue dans ta bouche. Tu accélères la cadence. C’est maintenant à toi de gémir. Le rythme est parfait. Nos deux corps s’épousent à merveille. Je te sens en moi. Tu prends mon visage dans tes mains, m’obligeant à plonger mon regard dans le tiens. Et toute la faim que tu dois y lire. J’ai si soif de toi. Mon dos se cambre. Je me sens pleine. Tu m’habites le cœur, la tête. Tu prends possession de mon corps. J’oublie tout. Tu es magnifique. Ta barbe hirsute, ton regard intense, des lèvres pulpeuses et humides. Tes mains usées d’homme ne cessent de parcourir ma peau. Puis nos yeux s’accrochent. Nos corps se soudent et ne font qu’un. Le plaisir est si étourdissant, il monte du bas de mon ventre et passe par ma colonne vertébrale. Nous gémissons en un seul souffle. Tu poses ta tête sur ma poitrine.
Essoufflés, nous restons en silence. Pas un mot n’est nécessaire. Je ferme les yeux et enfin je sens quelque chose. Le vide a disparu. Mon cœur palpite. J’ai tant besoin de toi. Tu le sais. Tu as vu dans mes yeux et tu le sais. Depuis le jour ou nous nous sommes croisés. Tu as toujours su. Nous sommes nés pour cet instant et plus rien au monde n’est important…Ta peau est si bonne. Reste. Reste…

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Espace Vacant, partie 1

J’ai froid dans cette chambre. Murs blancs, draps blanc. Un lit perdu dans un océan d’absence. Barreaux noires. Aucun meuble, une grande fenêtre à droite, sans rideau. Au sommet d’un gratte-ciel, coincé au beau milieu des nuages. Un esprit brisé dans un corps frêle. Nue, j’attends. Je suis vide, absolument, entièrement vide de tout. Espace vacant. À occuper s’il-vous plaît. Bien vouloir prendre place. J’attends qu’on me prenne. Qu’on m’utilise. Jamais je ne me suis sentie utile. Jamais je n’ai été où j’devais me trouver. C’est le moment ou jamais. J’ai mal au ventre, j’ai si faim. I’m starving, thinking about your naked body. Mes veines, mauves et bleues, saillent sous ma peau d’un blanc étincelant. Elles attendent le contact de tes doigts agiles sur ma peau.
L’air entre sous la porte, frais comme une brise du matin. Mes doigts de pieds sont si froids. Je frissonne. Je t’attends comme jamais je n’ai attendu. Les minces draps de coton ne suffisent pas à garder la chaleur dans mon corps. Fais ton entrée. Entre, sur le bout des pieds. Je suis si fatiguée…
J’aperçois une ombre derrière la porte, j’entends une main frôler la poignée. Je rêve ? Mes sens sont à vif, les choses me paraissent si claires. Ta respiration irrégulière, mais douce me parvient. Je t’attendais depuis tellement longtemps. Tous les pores de ma peau sont au bord de l’agonie de te savoir là, si près. Je ne peux quitter mon île. Je risquerais de perdre conscience. J’entends le bruit, presqu’inaudible, des pentures de la porte. Lentement, celle-ci s’entrouvre. Je ne peux pas encore voir ton visage. Mais je l’imagine, de même que ton corps sculpté de marbre. Ça chatouille déjà dans le bas de mon ventre. Je suis presque fébrile, je tremble un peu, les yeux rivés sur la porte. Je décide de m’étendre sur le dos et de fermer les yeux. Je prends une grande respiration. Je guette en silence le moindre mouvement. Tu pénètres dans la pièce, je sens ta présence. Tu es là. J’entends tes pieds nus qui frôlent le sol. Puis doucement, le déclic subtile de la porte qui se referme. Mon univers est maintenant complet, contenu entre quatre murs. Je suis là étendue sur les draps, dans toute ma nudité. Offerte à toi. Mes paupières tressaillent. Tes moindres mouvements créent des déplacements d’air. Ceux-ci viennent chatouiller ma peau, hypersensible. Tu t’immobilises. Me parvient seulement ta respiration. J’ai la gorge nouée de te savoir si près. J’en suis persuadée, tu me regardes. Mes cheveux foncés descendent sur mes épaules en cascade. Ma bouche frémit. Tu m’enveloppes déjà de ton regard. Je lutte pour garder mes paupières closes.
Debout, tu te débarrasses de tes vêtements, je les entends glisser au sol. Ton odeur se propage par vagues. Ton parfum m’enivre. Je n’en peux plus. Tu dois m’habiter. Je sens l’irrégularité de ta respiration. Ton souffle qui reste coincé dans ta gorge. Tu es fébrile. Lentement tu t’approches du lit. Je sens maintenant la chaleur qui émane de ton corps. Mes mains se mettent à trembler imperceptiblement. J’ai si mal de tant te désirer. Mes bras reposent le long de mon corps. Mes jambes sont légèrement écartées. Ma bouche est entrouverte. Je t’attends. Je sens le matelas s’écraser du côté droit du lit. Ça y est, tu me rejoins. Ta respiration s’accélère suivant la mienne, en symphonie. Tu passes ta jambe par-dessus mon corps glacé, sans toutefois me toucher. Je sens ton visage, juste au-dessus du mien. Ton souffle réchauffe mon visage. Ton haleine m’envoute. Nous sommes là l’un devant l’autre. Tu occupes l’espace. Le vide qui te revient. Prudemment, tu serres tes cuisses brûlantes contre les miennes. Mon cœur cesse de battre. Tes jambes viennent se positionner le long des miennes.. Le désir me déchire les entrailles. Tes pieds viennent s’emboîter aux miens. Tout le bas de mon corps se réchauffe. Tu descends très lentement ton corps. J’émets un gémissement contenu. Le reste de la pièce n’existe plus. Le lit est un brasier. Je ne vis que pour toi. Il n’y a plus rien dans l’univers. Couche-toi sur moi.
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Grains de café

C’est portée par les notes de Patrick Watson dans la pièce Mr. Tom que j’écris ces premiers mots.
Un des oncles de ma mère, qui est riche, m’a dit deux fois, une fois quand j’étais au primaire et une autre fois, plus récemment, que j’avais des mains de pianiste. J’aimerais bien qu’il me donne des fonds pour exploiter le potentiel de mes doigts “si élégants”. Parce que Patrick Watson, Matthew Bellamy et tellement d’autres, encore meilleurs, composent des mélodies au piano qui sont absoluement délicieuses et qui me tranportent tellement loin…
Les rencontres de beaux étrangers dans l’autobus font toujours ma journée. Aujourd’hui, c’était un homme plutôt grand, teint basané, cheveux foncés, mi-longs, frisés, attaché sur la nuque. Belles proportions de visage, une belle grande bouche, aux lèvres assez pulpeuses, beau nez, yeux foncés. Son aura était chaleureuse, m’inspirant la terre, les grains de café, le soleil. J’me suis mise à imaginer que ses baisers goûtaient le café. J’ai voulu l’avoir dans l’objectif de mon appareil photo, capturer son essence dans ma pellicule en noir et blanc. Mais comme je suis qu’une artiste dans mon coeur, je me serais mal vu approcher quelqu’un pour être mon modèle sans même connaître son prénom. Et pire encore, il est descendu au même arrêt que moi, matériel à bâtir des contes de destin. Comme nous allions dans des directions opposées, j’ai risqué un regard derrière moi en essayant de ne pas me faire frapper par une voiture. Je l’ai manqué.
Dans mon cours de poésie, Brault était encore éa l’étude et on a parlé de haïkus, de capture de l’instant, de la fugacité. Et soudainement, j’ai envie de me promener avec mon gros appareil photo manuel dans ma sacoche. Photographier tout ce que je vois qui m’inspire, qui me touche, qui me réchauffe… l’éphémère, réelle obsession chez moi.
D’un coup tout s’essouffle, s’envole, se fane, se décompose… Perdre, capturer avant de perdre. Et savourer les milliers d’étincelles… réconfort, chaleur, sécurité.
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Neons d’autobus

Pour un de mes cours, dernierement, j’ai lu la poésie de Jacques Brault, Roland Giguère, Paul-Marie Lapointe, Gatien Lapointe et autres. Les éclaircissements prof sont assez essentiels, mais à quelque part, juste de plonger dans les mots et de se peindre une toile dans sa tête c’est abreuvant pour l’imagination.
Tantôt, dans l’autobus, j’me suis mise à fixer les neons au plafond, avec du Coldplay qui envahissait mes oreilles. C’était presque aussi agréable que de fermer les yeux et je ne comprend pas trop pourquoi. En sortant, j’ai sprinté jusqu’au bloc appartement… pour le feeling. Et aussi parce que ça faisait longtemps que j’avais pas couru. Et maintenant j’ai envie de pleurer sur mes quartiers de pomme jaune.
Quelle soirée étrange.
Je revenais de mon cours de danse, une main dans la poche et l’autre a l’air libre. C’était parfait comme ça. J’avais envie que le froid morde ma main entière avec ses dents, mais juste une main. Et puis encore, comme deux moustiques mes yeux étaient attirer vers la lumière. Les étoiles, les lampadaires. Regarder au ciel, parce que qui prend le temps de faire ça?
J’ai aussi dansé dans le salon. Les voisins d’en-dessous devaient pas beaucoup apprécier, alors j’ai arrêté. Présentement, j’suis là, avec un noyau de fatigue derrière les yeux. Oh, et l’envie d’exploser.
Je pense pas que j’vais pouvoir éclater dans la douche, mais c’est là que j’irai. Parce que l’envie de faire l’amour qui vient en paquet de deux avec l’envie d’exploser sera pas non plus réalisable. Alors… je vais faire couler un océan d’eau sur ma peau en espérant me rincer de tout ça. Encore mieux, j’vais frotter avec un pain de savon, voir qu’est-ce que ça peut donner. Et si j’vois des mots qui tombent dans le fond du bain, je prendrai bien le temps de les lire.
La rose que je m’étais achetée pour la St-Valentin qui se trouve sur ma table de chevet est fanée. Ouin, c’est peut-être parce que je l’ai mise dans un de nos verres les plus laids. En tout cas.
J’ai envie qu’on appelle Julio Iglesias, Juillet. Mais je crois pas que c’est un projet auquel je vais songer longtemps (une nuit de sommeil et ça devrait me passer).
Sur cette note très intéressante, aurevoir.
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La capture

Ce soir, je suis allée au théâtre, faire des retrouvailles avec mon amante de toute la vie, la danse. C’était le nouveau spectacle de Margie Gillis, la dame à la chevelure de sirène.
Ça a été comme si ma tête avait été remplie de liquide à vaisselle dilué dans l’eau: mes rêves sont remontés à la surface dans des bulles de savon aux reflets arc-en-ciel.
J’avais presque oublié à quel point ces spectacles étaient inspirants. Ils me remplissent d’hélium et me font flotter au-dessus de mon siège. Émotion, fluidité, intensité, beauté, liberté. Merveilleuse sensation qui vient effleurer mon coeur.
Maman, quand j’pourrai être une grande danseuse moi aussi ?
Mes pensées m’ont suivies sur le chemin du retour. À chaque fois que je me trouve là, dans la salle, les yeux et l’esprit bien ouverts, j’essaie de capturer. J’en prend plein les pupilles et j’essaie d’emmagasiner ça dans mon coffre à souvenirs.
Éphémère. La danse c’est une ambiance, des corps qui se plaignent, qui murmurent, qui soufflent des images dans nos têtes. Les applaudissements, le rideau tombé, les pas faits jusqu’à l’arrêt d’autobus. Tout ça fait éclater les bulles de savon une par une. Et la magie s’égare peu à peu dans l’espace.
Tout me parait bien à sa place. Je voulais danser ma vie et ainsi, aspirer le plus de danse possible par mes narines, par les pores de ma peau. Puis expirer, dans un long soupir, dans un grand hoquet le contenu de ma cage thoracique.
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Tags:arts, éphémère, capturer, corps, danse, expression, inspiration, Margie Gillis, rêves, Spectacle danse
Glacial
J’ai avalé une gorgée d’eau glaciale tantôt et j’ai retrouvé là une vieille émotion qui s’était perdue quelque part dans mes souvenirs du secondaire.
Mise en situation: j’avais le béguin pour un gars. Pas très joli, pas très propre. Marginal, musicien, artiste, original et drôle. Et surtout il me parlait. C’était en quelque sorte mon premier ami(e). Il était mon partenaire de bio. Il disséquait oeil de boeuf et rat mort qui empestaient le formol. À ce moment là, je trouvais ça extremment galant qu’il m’évite d’avoir à avoir du jus de rat sur mes vêtements. Ça y était, j’avais un kick. J’avais l’impression que quelque chose chez lui lui permettrait de voir qui j’étais vraiment. Et je crois qu’à quelque part j’avais raison. Et je l’aimais secrètement, même si à première vue on était des opposés. Et puis, un jour… il a su. Et finalement, en y mettant des gros efforts, j’ai réussi à le persuader qu’on avait quelque chose. Et je me suis souviens d’avoir écouté Fight Club, son film préféré, assise à côté de lui sur son lit. C’était tout c’qui s’passait entre nous, on savait pas s’exprimer avec les gestes, ni les mots de l’amour.
Mais l’amour, je l’avais vécu 100 000 fois déjà dans mes rêves. Et le vide que je ressens dépuis l‘éclosion de ma conscience était là, sans que je puisse encore le nommer. Je me souviens m’être retrouvée dans sa cuisine. Je tiens tout de suite à le préciser, je n’ai jamais embrassé ce gars là. En fait, normalement il y aurait eu un baiser, c’était LE moment. Mais j’ai évité: la boule que j’avais dans le ventre avait envahi mon corps en entier. Ce que j’avais l’impression d’avoir attendu toute ma vie, qu’on me donne… on s’est serrés l’un contre l’autre. J’ai eu une des plus irrépressibles envies de pleurer de ma vie. Je pense que c’était le vide qui résonnait jusque dans mes poumons, jusque dans ma gorge à m’empêcher respirer. C’était trop fort, l’émotion était trop forte. Et pourtant, étais-je réellement amoureuse ? Qu’est-ce qui s’est alors passé pour que mon coeur soit aussi chamboulé ?
Maintenant je me comprend mieux et je comprend mieux cet épisode. Mais quand c’est arrivé, j’étais vraiment sous le choc. Comment tous ces barreaux étaient arrivés là, me bloquant tout l’intérieur? J’en avais parlé au psy que je consultais. Et il m’avait dit ”Eh bien, c’est comme quand t’as tellement soif et que tu bois de l’eau froide. Tellement froide qu’elle te ”brûle” la gorge et t’empêche de boire.”
Je voulais de l’amour, j’avais soif. Et encore aujourd’hui, après avoir vécu une relation de 2 ans et demi. Après m’être raprochée de ma famille, avoir élargi mon cercle d’amis, j’ai encore soif. Lentement j’apprivoise l’idée que j’aurai toujours un manque, cette urgence en moi.
À quelque part, j’ai encore ces vieux rêves. Des rêves d’amour guérisseur qui ne me quittent jamais. Parce que j’ai l’impression que si j’acceptais de prendre totalement conscience de ma réalité intérieure… je tomberais dans un gouffre. Je pense que ce qui m’effraie le plus dans la vie est là, juste là.
Je rêve pour me protéger.
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Tags:adolescence, amour guérisseur, éclosion, brûlure, fleur de peau, hypersensibilité, manque, premier baiser, prise de conscience, rêver pour se protéger, sentiments amoureux, soif, vide
Perdre pied
J’aurais besoin d’un coussin. Un gros coussin bien moelleux à l’intérieur de moi, sur lequel je pourrais me laisser tomber par en arriere, sans avoir peur de me faire mal.
Savoir qu’il sera là après, qu’il me reste quelque chose. Mais j’en ai pas de coussin. Dès qu’on se quitte, tout part avec lui. On n’a pas de ficelle qui nous relie, un objet oublié, qui ferait qu’on doit se revoir… rien. Et j’ai le coeur tellement gros maintenant, tellement lourd. Gonflé d’eau peut-être ? Ça expliquerait pourquoi… les larmes.
Je me suis couchée à 4h du matin samedi… on était ensemble. Et hier, on n’était plus ensemble. J’étais fatiguée, ça c’est clair après la nuit que je venais de passer, à boire sans modération et à… vibrer d’intensité. Mais non, je ne pouvais pas éteindre la télé du salon pour me retrouver seule dans mon lit, avec toutes les images dans ma tête… J’ai attendu. Pour finalement me mettre à pleurer malgré moi devant des stupides émissions de robes de mariage.
Pas de coussin. Dès que j’ai eu fermé la porte de sa maison je savais. L’envie d’me coucher en boule avec un oreiller dans les bras était revenue. Parce que c’était terminé et que personne ne pourrait arriver à me dire s’il y aurait un jour une suite dans ses bras.
Commencer l’année 2009 par une rechûte… ! C’est tout à fait moi..!
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Tags:Amour, passion, peine, perte, relations amoureuses, relations à distance, tristesse
7 millions de KM/h
“J’ai envie de passer une nuit en cuillere avec toi”
QUOI ?
Après… deux semaines de désintox, j’ai fait une rechute. Grâce à un prétexte à 3 sous, je me suis donné une permission spéciale, j’ai utilisé un motif banal pour le débloquer. Et puis j’ai commencé la discussion un peu comme une guerre, en attaquant. Je me suis vite essoufflée.
J’ai donc utilisé une autre arme, le détachement, en répondant en monosyllabes à ces questions et en commentant platement les nouvelles qu’ils m’annonçait. Et il a vu tout de suite que je n’avais pas la même attitude. Celle de l’amie, la psy ou l’amoureuse. Et puis… je crois que ça lui a fait un choc. En fait, il se peut qu’il ait eu besoin de moi pendant que je le fuyais. Alors, avant de partir pour ses cours… il m’a lancé ça. Nuit en cuillère. PAF.
Et ça fonctionne. Ça fait son chemin à une vitesse de 7 millions de KM/h jusqu’à mon coeur. Et le détachement flanche, et que dire de la volonté. C’était supposé être… une exception, parce qu’il fallait que je sache. Qui sait ? J’allais peut-être trouvé un autre bon argument pour m’éloigner de lui à savoir… qu’il avait raconté à tout le monde des bêtises sur moi. Mais non.
Il est allé chercher au plus profond de moi, dans le fond d’un placard où j’étais cachée. L’idée de passer une nuit dans ses bras… c’est gigantesque. Une demie seconde et l’image, le sentiment… tout ça s’impose dans ma tête, tendresse, amour, chaleur, plaisir, bonheur. Impossible à freiner. Tout plein de souvenirs. Et ça arrive au mauvais moment ou… au parfait moment. Très bon timing pour me faire craquer.
C’est une lutte sans fin. On se bats l’un pour l’autre. Dès que l’un s’éloigne, l’autre le retient par le bras, à la toute dernière seconde, juste avant qu’il soit trop tard. Comme si on réalisait… à répétition qu’on ne peut pas vivre sans l’autre. C’est toujours la même séquence. On se retrouve et puis on se perd. On court l’un après l’autre. On joue à la tag et on triche. On se cache dans le noir. Ou bien on reste accrochés l’un à l’autre. Incapables d’aller de l’avant.
Il a réussit à traverser la barrière. Suffisait-il vraiment de ça pour que je baisse les bras ? Ce que je voulais s’est produit. Et maintenant ? Aurais-je déjà fini de prendre soin de moi…
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Tags:Amour, auto destruction, chaleur humaine, faiblesse, flancher, fuir, même séquence, nuit, rechute, relations amoureures, rupture, s'éloigner, s'en sortir, se cacher, sentiment amoureux
Prairies planétaires
Oui, j’aime le morceau de terre que tu es,
moi qui, parmi toutes les prairies planétaires,
ne possède pas d’autre étoile. L’univers
c’est toi qui le répètes et qui le multiplies.
-Pablo Neruda
J’veux rien déplacer. rien faire qui pourrait effacer les dernières traces de sa présence ici. Rien laver, rien jeter, garder tout ce qu’il me reste. On a fait l’amour dans mes draps, dans tous les sens du lit, sur mon plancher. J’ai goûté la saveur de sa bouche, il n’y a rien de plus enivrant au monde… J’ai dit “Je t’aime” en faisant l’amour. Parce que je le ressentais. Fuck… je le ressentais ENFIN. [...] Les caresses après l’amour, avec l’odeur de caramel et de vanille dans la chambre, s’enfermer dans une bulle, les draps et les oreillers étendus partout et nos corps échoués quelque part. [...] Et l’émotion de l’avoir retrouvé. de plonger dans mon coeur et d’y trouver des larmes. J’étais tellement touchée de pouvoir caresser ses cheveux, de pouvoir l’aimer tout doucement, au lever du jour… De pouvoir le garder près de moi, de pouvoir me coller contre son corps autant que j’en ai envie. Savoir que pour un instant on a un lendemain. Et juste vouloir mourir… être si paisible, flottante… amoureuse. Je suis amoureuse de cet homme là, de tous mes pores, de toute mon âme… Et je veux des matins doux, doux, doux, à s’observer chacun sur son oreiller. Penser à tout le temps qui nous reste encore ensemble. [...] Je m’apprête à aller enfouir ma tête, mon nez, dans les draps pour me bercer dans son odeur avant de faire dodo. [...] On doit se retrouver. Je l’aime.
J’avais écrit ça… peu de temps après son départ, en octobre. Et voilà qu’en décembre, au moment où j’écoute de la musique de Noël… il n’est plus question d’aucune retrouvaille. Des minuscules détails chez lui me faisaient craquer et quand ils me reviennent, c’est comme un coup de fouet en plein ventre… j’ai nettement pas l’impression que je vais y arriver, que je veux y arriver. Parfois je me sens comme un gros iceberg enfoui sous la mer… je ressens rien. Mais au fond, je sais que j’ai mal. Ma douleur me revient par “hoquets”… brièvement, quand je m’en attend pas.
Où est passée celle que j’étais ? J’arrive pas à me rappeler à quel moment j’ai essayé de me noyer. Il est plus là Nick pour qu’on se gratte les plaies ensemble. Les douleurs, la souffrance qu’on partageait, tous nos souvenirs qu’on s’empêchait d’oublier… Il a décroché. Il n’est plus là avec moi. Il est tellement… ailleurs et je lui en veux énormément d’avoir réussi à le faire. Je voudrais qu’il me revienne blessé, qu’il me montre qu’il peut pas m’oublier… Parce qu’on était heureux quand on s’est réouvert le coeur. Je réalise que ce moment s’éloigne de plus en plus; c’est pas un futur, ni un présent. C’est un souvenir tellement brûlant… J’suis pas capable de laisser l’idée qu’il n’a plus les mêmes sentiments, qu’il n’a plus besoin de moi, faire son chemin. À chaque fois qu’on s’est retrouvés, il y a toujours eu la sensation la plus intense de la terre qui m’envahissait tout le corps. Et je croyais que c’était l’argument ultime… ce qui nous fallait pour qu’on ne se perde jamais.
Ce que je ressentais pour lui était intact, revenait, remontait à la surface… et c’que je retrouvais en lui était c’que profondément j’aimais et j’avais aimé. Et j’avais la certitude que je voudrais jamais plus le perdre… et pourtant… J’ai fermé les yeux 2 secondes, je les ai ouverts et tout était détruit…
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Submergée
Ancien texte, toujours pertinent. J’ose le publier. Hourra pour l’anonymat.
Ma fête dans 5 jours. Et qu’est-ce que je veux? Un homme. Comme quand j’étais une petite mademoiselle célibataire depuis toute sa vie, comme quand j’faisais juste m’imaginer les baisers.
Maintenant que j’ai joué à l’amoureuse, à l’amante, j’peux comme plus rêver d’autre chose. Je sais c’est quoi d’être peau contre peau. Partout. Torse contre torse, ventre contre ventre, bassin contre bassin… Les lèvres qui s’agacent, qui se cherchent, qui se frôlent… Et le désir, le bonheur.
J’aime être nue sous les draps avec lui. J’aime qu’on se taise et qu’on s’embrasse toute la nuit. M’étendre sur son corps. Acter, avec un fond de vérité en moi. Refaire ces gestes. Comme des gens qui s’aiment. Et se désirer, dans le noir. Une petite fraction de vie. Se regarder dans les yeux au travers la noirceur.
J’ai besoin de lui. Qu’il me donne tout. Tout, tout, tout… J’ai envie qu’il me désire. Le capturer dans ses envies. Et sa peau qui parle. Me laisser envahir par lui, de la tête jusqu’aux pieds. En avoir partout. De l’homme, de la chaleur. Son odeur sur ma peau. Sa langue sur mes lèvres. Ses doigts qui caressent le bas de mon dos, la naissance de mes seins… La nuit qui prend jamais fin. M’emplir les poumons, la cage thoracique, le cœur, la bouche, le ventre… Être ici, maintenant, avec lui. Parce que, ça n’arrête pas de hurler dans ma tête. J’le veux sur moi, en moi. J’veux qu’il me prenne toute entière, complètement. M’posséder en m’regardant, avec à la fois cette vulnérabilité et cette intensité, logées au fond des yeux.
Des larmes dans mon regard. Juste laisser aller, perdre pied, m’écrouler. Dans ses bras, tendus comme un filet. Parce que j’en peux plus d’avoir l’impression que le vent pourrait passer au travers ma peau tellement j’suis vide…
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