Acter

08sept08

6 septembre 2008

 

 

J’voudrais pouvoir décrire ce moment amoureusement, avec tendresse, mais j’peux pas. Me l’imaginer, ici, dans mon lit, à côté d’moi, c’est pas romantique. Ya même pas son odeur dans mes draps. Un mirage, un coup de vent, une brise ou une bourrasque, je sais pas. C’était doux sur ma peau, quand les frissons s’écoulaient dans mon dos. C’était brusque quand nos corps s’accrochaient l’un à l’autre, comme des aimants qui n’en finissent plus d’aimanter. C’était une nuit sucrée, pour rien j’aurais voulu la briser, l’échapper et la casser… Une petite bulle de bain dans un océan de solitude et d’insécurité.

 

Et son corps, il était là. Ma nuit, presque partagée. Émile est là, à moitié là. À demi personnage, à demi amant. J’aime qu’une part de lui. Le rôle qu’il prend, dans lequel il pourrait m’dire qu’il m’aime sans fausser. Celui qui m’observe dans le noir. Avec lequel je ris de ce rire profondément nu. Chaud et vibrant. Quand c’est le naturel qui parle. Comme le vent dans les feuilles, la pluie, le tonnerre… Être sous les mains de l’autre. Et communiquer avec les gestes. Comme danser sur la musique intérieure. Arrêter le flot de pensées. Embrasser ses lèvres qui nous tentent. Savourer cette chaleur sur notre épiderme. Le bonheur, dans un souffle qui passe sur nous. Un sourire dessiné sur mon visage. Parce que c’est pour des moments comme ça qu’on devrait vivre.

 

J’ai besoin. Pour être, j’ai besoin de jouer cette scène. J’avais besoin d’acter. M’en rapprocher. Jouer à l’amoureuse. Y croire un peu trop et m’écraser au sol, foudroyée. Pas le droit. Pas l’droit de trop y croire, d’être plus qu’il faut. De recommencer à avoir mal pour avoir bien. Être en manque de je t’aime. En manque de ces regards plein de sens. Chercher; sans trouver la piste à suivre. Pourquoi on ne peut pas juste rire, dans un lit, dans le noir, l’un sur l’autre. Jouer comme des enfants. S’amuser à être cruellement soi-même en dévoilant tout le désir qui s’abrite dans notre ventre. Naïfs et heureux. Emplis l’un de l’autre. Se respirer. L’osmose de nos 2 entités.

 

J’voulais… m’réveiller et goûter le matin avec lui, peau à peau. Main dans la main, dans les couloirs de ma vie. L’emporter. Comme une force. Un cœur qui bats, qui me chatouille, me réconforte de ses battements d’amour. Qui m’donne une dose de confiance. Spontanément, avoir des élans vers l’autre. Parce que quelque chose chez lui nous attire. Quelque chose qui nous tient plus près. Parce qu’on aime dans les détails. La beauté qu’on voit, parce qu’il nous brille au visage. Parce qu’elle est incontournable.

 

J’veux des mots. J’veux qu’on m’aime, qu’on me le dise. L’éphémère, je veux souder mon corps au tien. Tu es belle, tes lèvres sont si tendres, tu goûtes le miel, tu sens le ciel… L’éphémère, t’es la femme de ma vie. Un je t’aime, déposé dans mon oreille… qui effleure mon cou au passage…

 

J’expérimente. On est comme des remèdes temporaires. Ma maladie, c’est le vide. J’ai un trop plein d’espace. À combler par un autre. J’veux qu’on me berce… J’ai peur, on doit prendre soin de moi. J’veux m’imaginer une fois de plus que j’compte pour lui. Sans qu’il ait à compter pour moi.

 

Un remède, je l’ai dit, un remède.