17-18 septembre 2008

 

 

Je l’emmènerais danser chez moi. Ici, dans mon petit salon où les vibrations percutent les murs. Et la basse qui cogne dans le plancher. Et nos corps, dans l’atmosphère. Et l’inspiration qui frissonne sur notre peau. Le cœur qui part à la recherche de mouvements. Soupirer d’aise. Danser comme on inspire, comme on expire. La pièce est notre cellule. On est prisonniers du tempo, de l’ambiance qui nous clouerait au sol si on ne dansait pas. Avec lui c’est facile. L’énergie part de notre ventre et au lieu de crier, on bouge. La passion, elle passe dans nos yeux, par le bout de nos doigts, de nos orteils. Suffit pas de s’aimer. Suffit de vivre la même intensité, les mêmes échos, le même rythme. Les pulsations du cœur accordées avec les mouvements du corps. Danser, ensemble. S’effleurer. Un regard. La fusion. Parce qu’aimer ça part du même endroit, du fond de soi. Rien avoir avec la tête. La chimie, entre deux êtres qui se lisent l’un et l’autre. Sans demander; tout recevoir. Par ondes électriques. Parce que, c’est fait comme ça. Écouter son souffle, respirer son odeur. Parce qu’on est là. Tous les deux. Qu’on se parle en silence. Et que j’ai envie de lui.

 

Il n’est pas coincé dans sa tête. Il est libre. Et j’en envie de me laisser envahir par sa liberté. La recevoir en plein visage. Apprendre. M’asseoir en face de lui, une fois de plus. Et le regarder, scruter son visage. S’ouvrir des portes, comme ça, en liant nos regards. J’y pense, j’arrête pas d’y penser. J’essaie de comprendre si c’est juste un hasard ou si, vraiment, quelque chose l’a attiré vers moi. Et si c’est ça, j’ai envie de l’explorer, tant que je peux. J’ai envie qu’il vienne vers moi encore, à répétition. Qu’on se place encore dos à dos, qu’il me prenne encore par les mains. Parce qu’on aime la même chose. Parce que, quand on danse, on se projette dans un même univers.

 

J’aimerais qu’en duo, on éclate en nuances. Qu’on se rejoigne au milieu de tout, entre sa limite et ma limite. Entre son corps et le mien. Se trouver. À la fin de tout et au commencement de tout. Face à face, les yeux perdus à l’intérieur du regard de l’autre. Et nos corps qui parlent le même langage. Nus. Nous sommes nus en silence. Tout ce qu’on fait c’est se lire. Puis, à la limite de tout ce qui existe, entre la douleur et le plaisir, nos corps s’enlacent. Dans la lumière; au bout du monde, on existe enfin. Comme un seul. Enfin, nos peaux brûlantes se touchent, se caressent, s’apaisent. Et nos lèvres qui s’effleurent. Tous les frissons du monde le long de nos vertèbres. C’est l’attraction violente. Notre rencontre est totale et absolue. Rien ne nous échappe, tout nous appartient. Parce que, le même sang coule dans nos veines. Parce que sa liberté et maintenant la nôtre. Ses mains tracent le parfait chemin. Parce qu’il sait; il sait tout de moi. Et que moi, j’apprend tout de lui.

 

S’aimer en sauvages apprivoisés. Casser de la vitre tout les deux. Parce qu’on peut avoir mal et tellement de bien en même temps. Percer des tympans. Parce que la vie est trop courte, parce qu’on n’a pas terminé notre partage. Parce que c’est jamais vraiment fini.

 

Au cœur de notre existence, notre pouls prend exactement la même mesure. Parce qu’il est lui et que je suis moi. Et qu’ensemble, c’est à la vie qu’on joue. Parce qu’on joue aussi à la mort. La détresse infinie et la passion dévorante. Combustion.