La capture

26jan09

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Ce soir, je suis allée au théâtre, faire des retrouvailles avec mon amante de toute la vie, la danse. C’était le nouveau spectacle de Margie Gillis, la dame à la chevelure de sirène.

Ça a été comme si ma tête avait été remplie de liquide à vaisselle dilué dans l’eau: mes rêves sont remontés à la surface dans des bulles de savon aux reflets arc-en-ciel.

J’avais presque oublié à quel point ces spectacles étaient inspirants. Ils me remplissent d’hélium et me font flotter au-dessus de mon siège. Émotion, fluidité, intensité, beauté, liberté. Merveilleuse sensation qui vient effleurer mon coeur.

Maman, quand j’pourrai être une grande danseuse moi aussi ?

Mes pensées m’ont suivies sur le chemin du retour. À chaque fois que je me trouve là, dans la salle, les yeux et l’esprit bien ouverts, j’essaie de capturer. J’en prend plein les pupilles et j’essaie d’emmagasiner ça dans mon coffre à souvenirs.

Éphémère. La danse c’est une ambiance, des corps qui se plaignent, qui murmurent, qui soufflent des images dans nos têtes. Les applaudissements, le rideau tombé, les pas faits jusqu’à l’arrêt d’autobus. Tout ça fait éclater les bulles de savon une par une. Et la magie s’égare peu à peu dans l’espace.

Tout me parait bien à sa place. Je voulais danser ma vie et ainsi, aspirer le plus de danse possible par mes narines, par les pores de ma peau. Puis expirer, dans un long soupir, dans un grand hoquet le contenu de ma cage thoracique.