Grains de café

23fév09

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C’est portée par les notes de Patrick Watson dans la pièce Mr. Tom que j’écris ces premiers mots.

Un des oncles de ma mère, qui est riche, m’a dit deux fois, une fois quand j’étais au primaire et une autre fois, plus récemment, que j’avais des mains de pianiste. J’aimerais bien qu’il me donne des fonds pour exploiter le potentiel de mes doigts “si élégants”. Parce que Patrick Watson, Matthew Bellamy et tellement d’autres, encore meilleurs, composent des mélodies au piano qui sont absoluement délicieuses et qui me tranportent tellement loin…

Les rencontres de beaux étrangers dans l’autobus font toujours ma journée. Aujourd’hui, c’était un homme plutôt grand, teint basané, cheveux foncés, mi-longs, frisés, attaché sur la nuque. Belles proportions de visage, une belle grande bouche, aux lèvres assez pulpeuses, beau nez, yeux foncés. Son aura était chaleureuse, m’inspirant la terre, les grains de café, le soleil. J’me suis mise à imaginer que ses baisers goûtaient le café. J’ai voulu l’avoir dans l’objectif de mon appareil photo, capturer son essence dans ma pellicule en noir et blanc. Mais comme je suis qu’une artiste dans mon coeur, je me serais mal vu approcher quelqu’un pour être mon modèle sans même connaître son prénom. Et pire encore, il est descendu au même arrêt que moi, matériel à bâtir des contes de destin. Comme nous allions dans des directions opposées, j’ai risqué un regard derrière moi en essayant de ne pas me faire frapper par une voiture. Je l’ai manqué.

Dans mon cours de poésie, Brault était encore éa l’étude et on a parlé de haïkus, de capture de l’instant, de la fugacité. Et soudainement, j’ai envie de me promener avec mon gros appareil photo manuel dans ma sacoche. Photographier tout ce que je vois qui m’inspire, qui me touche, qui me réchauffe… l’éphémère, réelle obsession chez moi.

D’un coup tout s’essouffle, s’envole, se fane, se décompose… Perdre, capturer avant de perdre. Et savourer les milliers d’étincelles… réconfort, chaleur, sécurité.